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[INTERVIEW] John de Messaline

Écrit par Antephil le .

Interview de John, batteur de Messaline a propos du nouvel album du groupe, "Eviscerer Les Dieux" :

Aurélia : Vous êtes le nouveau batteur du groupe, arrivé en même temps que le nouveau bassiste Jaime Gonzalez, donnant ainsi à Messaline une toute nouvelle section rythmique, pouvez-vous nous parler de votre arrivée dans le groupe?

John : Nous sommes tous les deux arrivés officiellement en 2011 donc entre la sortie du deuxième et du troisième album; mais Jaime faisait déjà un peu d'intérim au sein du groupe depuis un moment parce que l'ancien bassiste était en même temps régisseur lumière pour Sinsemilia, Pep's etc... De ce fait il n'était pas souvent disponible et suite au départ du batteur il a préféré partir lui aussi, de lui-même, pour ne pas planter le groupe sur certaines dates donc Jaime s'est fait embauché officiellement à ce moment-là. Quant à moi j'ai été contacté par Éric que je connaissais déjà parce qu'on jouait tous dans les même locaux de répétition, une Smac (Scène de Musiques Actuelles) à Bourg-en-Bresse, près de Lyon.
Moi, je viens plutôt du métal extrême à la base mais j'écoute vraiment de tout. J'ai de grosses influences rock/hard rock des années 1970 et je crois que c'est ce qui a plu aux anciens membres de Messaline, ainsi que mes jeux de batterie qui pouvaient apporter quelque chose de nouveau en cassant un peu l'image de vieux groupe hard rock façon années 1980, dans le délire Trust, Blasphème ou Vulcain, que pouvait avoir le groupe.

Aurélia : Pouvez-vous nous parler plus spécifiquement de ce que vous pensez avoir apporté de nouveau au groupe?

John : Si l'on compare le troisième album aux deux autres je pense que le jeu de batterie est totalement différent. L'ancien batteur avait un jeu qui avait plutôt tendance à suivre les guitares, façon vieux thrash métal dans années 1980, un peu à la Lars Ulrich. Mes influences lorgnent plus du côté de la scène scandinave et du métal à l'américaine avec une batterie beaucoup plus « droite ». En terme de mix mon son est plus moderne et plus froid, avec beaucoup plus de double pédale, des blast, un jeu plus « métronomique » avec des breaks qui retombent sur les temps un peu plus « old school ». Tout ça donne un contraste intéressant avec le jeu de guitare très années 1980, qui fait un peu penser à Iron Maiden. Ça cultive l'originalité du groupe.

Aurélia : Toutes les paroles sont en français, que pensez-vous de ceux qui disent que la langue française ne se prêtent pas à la musique métal?

John : C'est qu'ils ne doivent pas avoir beaucoup d'exemple en tête! Si on parle effectivement de métal je pense que c'est beaucoup plus facile pour un groupe français de chanter gutturalement en anglais ou en allemand, de toute façon on pourrait tout aussi bien brailler en norvégien le public ne comprendrait rien aux paroles!(Rires). Attention, ce n'est pas une critique, j'adore le chant guttural!
Chanter en français est un exercice beaucoup plus compliqué, après que ce soit réussi ou non dans Messaline, ça dépend de l'avis de chacun. Je crois que ce qui fait que nous sommes appréciés par un public aussi divers c'est que nous sommes très peu à le faire aujourd'hui sans être de simples ersatz de ce qui se faisait à l'époque des premiers Satan Jokers ou autre, on essaye de se moderniser en mélangeant différentes influences. Le chant en français est notre marque de fabrique, mais contrairement à Lofofora ou Trust nous n'avons pas la volonté de faire des textes dits engagés, tout simplement parce que ça nous paraîtrait hypocrite de se revendiquer anarcho-punk et de faire nos courses à Carrefour! Nos textes parlent de choses qui nous tiennent à cœur, avec un côté tragi-comique un peu dérisoire, ou parlent de choses plus anecdotiques tout en rajoutant un peu de sensibilité. A ce titre la langue française est plus intéressante pour nous, avec la polysémie des mots on peut avoir accès à des double-sens, à des jeux de mots. Quand j'ai du retravailler les morceaux auxquels je n'avais pas participé j'ai littéralement redécouvert les textes. Si tu écoutes du Messaline sans avoir le livret sous les yeux à mon sens tu perd 50% de la signification du texte.

Aurélia : « Éviscérer les Dieux » est un titre assez original, qu'est-ce qui se cache derrière cela?

John : "Éviscérer les Dieux" est une phrase que l'on entend dans le premier morceau de l'album, "La Pire Pirate". On aime avoir pour titre une phrase entendue dans l'album ou même sur un album précédent. Cette phrase est percutante, on la retient très vite donc déjà pour le côté promotion c'est parfait : tout le monde nous en parle tout le temps!
Ce qu'il faut comprendre ici c'est que ce n'est pas un album de black métal, on ne va pas avoir une photo de Benoît XVI les pieds en l'air sur une croix inversée. J'insiste sur le fait qu'on parle des « dieux » au pluriel, on n'attaque pas le monothéisme, bien que l'on puisse avoir des choses à dire dessus, ici ce n'est pas le sujet. Il s'agit de tout type de dieux mais surtout ceux de nos sociétés actuelles, des idoles que l'on fabrique : le dieu fric, la déesse télé-réalité, l'idolâtrie autour d'un joueur de football ou du patron d'Apple.
Enfin, le fait d'éviscérer est quelque chose de très matériel alors que les dieux sont du domaine de l'immatériel, c'est un oxymore qui nous plaisait.

Aurélia : Vous disiez vouloir mettre en titre une phrase présente dans l'album, pourquoi ne pas avoir choisi « fortuna et virtu » qui revient plusieurs fois tout au long de l'album et qui a, à mon sens, plus une allure de slogan que le public serait prompt à scander pendant un concert?

John : Tout simplement parce que le titre du deuxième album, "In Cauda Venenum", était déjà en latin, on voulait éviter de le refaire pour le troisième.

Aurélia : Tout au long de vos trois albums vous multipliez les références littéraires, historiques, mythologiques et artistiques, vous utilisez le latin, est-ce une volonté de votre part de faire un rock « intelligent »? (Sans sous-entendre pour autant que le rock soit con en général!).

John : C'est une bonne question parce que sur quatre membres nous sommes deux enseignants : Éric est professeur d'art plastique et moi-même je me destine à enseigner le français et l'histoire-géographie en lycée professionnel. Le fait d'utiliser certaines peintures pour les illustrations ( du romantisme allemand au préraphaélisme anglais), d'avoir des textes avec des personnages (en aucune façon le « je » dans un texte de Messaline ne désigne un membre du groupe), d'avoir recours à des références que tout le monde ne saisira peut-être pas comme des citations d'Oscar Wilde etc... tout ça nous permet de sortir des clichés « sexe, drogue et rock 'n roll ». Nous nous revendiquons comme le combo le plus épicurien de la scène heavy hexagonale. Nous aimons le sexe dans le sens épicurien du terme comme nous allons aimer le bon vin et les plaisirs de la vie, sans tomber dans l'orgie romaine que notre nom pourrait par ailleurs sous-entendre.
A ce propos nous ne sommes pas machistes, contrairement à ce que l'on a pu dire de nous suite à la phrase : « plus je connais les femmes plus j'aime les animaux », sinon nous n'aurions jamais fait une chanson à la gloire de Lilith, première femme libérée!

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Aurélia : Le moins que l'on puisse dire c'est que le visuel qui illustre l'album est plutôt sulfureux, qui l'a créé?

John : On fait appel au même concepteur graphique depuis le premier album. La pochette représente un tableau de Von Stuck, un peintre allemand romantique de la fin du XIXe siècle. Il représente en effet une jeune femme dénudée, un peu dominatrice; mystérieuse, sulfureuse, avec nos quatre petites tronches cachées dans l'ombre, pauvres petits hommes que nous sommes! Nous avons choisi cette peinture parce que, sans que cela n'ait été planifié au début, l'album comporte beaucoup de chansons qui parlent des femmes et, pour moi, celle qui est représentée dans le tableau serait Lilith, première femme, première femme libérée qui avait entre autre refusé d'être sous Adam pendant qu'ils faisaient l'amour. Messaline est également le nom d'une femme, qui organisait des orgies, un peu manipulatrice, quelque part la boucle est bouclée avec cette pochette.

Aurélia : Il s'est écoulé cinq ans entre le premier et le second album, quatre entre le second et le troisième, pourquoi est-ce aussi long pour vous de sortir un album?Comment s'effectue le travail de composition au sein de Messaline?

John : On va espérer que ce soit en effet plus court pour le quatrième album, que nous sommes déjà en train de préparer. Les soucis de line-up ou de disponibilité rendaient le travail de composition plus difficile parce que cela se fait essentiellement en présence de tous les membres du groupe. On a un rendez-vous hebdomadaire d'au moins trois à quatre heures de répétition auquel on essaye absolument de se tenir, même si on a tous un petit enregistreur numérique grâce auquel on s'envoie quelques idées.
En ce qui concerne ce troisième album, quatre ou cinq des onze titres avaient déjà été composés par l'ancien line-up, mais ont été remodelés ensuite. On a d'ailleurs eu carte blanche pour faire ce que l'on voulait lorsque nous sommes arrivés. J'ai pu mettre de la double-pédale et du blast autant que je voulais dans la mesure où ça ne desservait pas la structure.
Généralement la composition part d'un texte apporté par Éric, ainsi que des mélodies qu'il enregistre lui-même a cappella et qu'il nous envoie. De notre côté on se charge de trouver des mélodies à mettre dessus puis on échange tout ça pendant les répétitions.

Aurélia : Musicalement vous vous décririez comme étant plus près d'Ange ou de Misanthrope?

John : Avant le troisième album on nous décrivait souvent comme le chaînon manquant entre Trust et Ange mais c'est vrai qu'on nous compare de plus en plus à Misanthrope. C'est plutôt cool, même si je n'aime pas toujours sa façon de chanter, les textes sont biens et musicalement c'est assez sympa. J'aime bien leur concept album sur Baudelaire, "IrréméDIABLE". Mais honnêtement je crois qu'au sein du groupe je suis le seul à connaître Misanthrope!
Sans dire non plus que l'on créé un genre nous essayons quand même d'être originaux, malgré certaines influences évidentes, par exemples les guitares font souvent penser à Iron Maiden etc...
De mon côté je suis très branché métal extrême, heroic fantasy etc... il y aura peut-être une dérivation dans ce goût-là sur le quatrième album.
Au final je crois que, pour nous décrire, le terme de hard rock mélodique n'est pas si mal. Le but d'une chanson de Messaline c'est qu'il suffise de l'entendre une fois pour la siffler toute la journée.

Aurélia : Messaline entretient des liens très étroits avec Christian Décamps du groupe Ange, de nouvelle collaborations sont-elles prévues?

John : Il y a eu le concert du 9 février dernier, pour le lancement de l'album, que l'on a organisé en collaboration avec Ange. La Smac dans laquelle nous répétons ne voulait pas de la date sous-prétexte que ça ne marcherait pas et au final on a fait carton plein, on a joué devant six cent personnes! Il n'est pas impossible qu'ils nous renvoient la balle plus tard en nous intégrant à une date de leur tournée.
Sur l'album le morceau "Sale Temps" est composé par Messaline mais chanté par Christian Décamps, c'est pour ça qu'on a volontairement composé quelque chose de hard rock, pour lui donner l'opportunité de chanter quelque chose qu'il n'aurait pas pu faire avec Ange. Il est d'ailleurs venu la chanter en live avec nous pendant le concert u 9 février.
En ce qui concerne les collaborations nous avons d'autres connaissances avec lesquelles nous aimerions bien travailler mais c'est très difficile de mettre tout ça en place parce que c'est important pour nous de réunir tout le monde dans un studio au même moment, de ne pas faire ça chacun de son côté. Ça permet plus de spontanéité.

Aurélia : Après trois albums et presque dix ans de carrière pour Messaline est-ce plus facile aujourd'hui d'organiser le travail de promotion, de trouver des dates?

John : C'est vraiment avec ce troisième album que les choses commencent à décoller. On a toujours une très bonne notoriété régionale et même un peu au-delà parce que nous sommes l'un des rares groupes de Bourg-en-Bresse à aller jouer un peu plus loin et à proposer des albums en Digipack, qui sont distribués dans le grandes enseignes comme la Fnac ou Virgin.
Ce que je constate depuis que je suis dans le groupe c'est que le public s'élargit. On l'a remarqué notamment lors du concert avec Ange, beaucoup de personnes qui n'étaient pas venues nous voir à la base sont devenues fans. Beaucoup de personnes de cinquante-soixante ans, qui apprécient le rock avec des textes « intelligents » comme peuvent le faire Ange ou Thiéfaine, vont également aimer ce que l'on fait. L'autre jour une dame qui avait l'âge d'être ma grand-mère m'a demandé mes baguettes dédicacées! Aujourd'hui ce ne sont plus seulement les copains qui viennent nous voir mais aussi d'illustres inconnus. Je m'occupe un peu de tout ce qui concerne la promotion sur les réseaux sociaux et il ne se passe pas un jour sans nous recevions des messages ou même qu'Éric ne reçoive des lettres manuscrites de fans.

La difficulté aujourd'hui vient plutôt du fait qu'il y ait de moins en moins de salles de concert, que de moins en moins de gens achètent des disques, encore que dans notre milieu existe encore un public de passionnés et de collectionneurs qui ont une certaine culture de l'objet et surtout de l'objet unique, très souvent lorsque l'on vend un album on va le dédicacer.
Pour le moment les choses ont plutôt l'air de bien partir, on a déjà six ou sept dates prévues en juin, dont notamment le Hard Rock Rendez-Vous de Fîmes, près de Reims. On y était déjà l'année dernière, je me souviens qu'on avait un peu peur parce qu'on été programmés à 12h30 un dimanche mais au final c'était vraiment génial. Les roadies qui bossent là-bas travaillent aussi pour le Hellfest, on avait un excellent son, des super lumières et on a eu de très bonnes retombées donc les gens nous attendent de pied ferme cette année! Mais à part cette date notre tournée reste régionale, comme nous ne sommes pas encore trop connus les salles n'osent pas encore nous programmer mais ça avance plutôt bien du côté de Lille ou encore de Marseille.

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