[INTERVIEW] Galibot au Muscadeath 2026 !
Pouvez-vous nous présenter Galibot ?
Galibot est un groupe du nord de la France fondé par Agathe, Clément et Thomas. Par la suite, nous avons été rejoints par Chris et Julien. Nous avons ensuite signé chez Les Acteurs de l'Ombre Productions (LADLO) et sorti deux albums. On peut dire que ces dernières années ont été particulièrement riches.
Qu'est-ce qui vous a poussés à emprunter l'univers des galibots ?
Nous sommes originaires du bassin minier. C'est un décor industriel et une histoire qui nous sont chers. Nos grands-parents nous en ont souvent parlé. Tout cela a constitué un terreau particulièrement fertile pour le black metal. Nous avons trouvé dans cette musique quelque chose de brut, de vicieux et de gangrené, en parfait écho à cette industrie.
N'avez-vous pas craint de dérouter vos fans en sortant coup sur coup Euch' Mau Noir, Euch' Mau Noir Bis puis Catabase ?
Notre objectif n'était pas de dérouter, mais de pousser plus loin l'atmosphère que nous avions voulu créer à l'origine sans en avoir les moyens. Nous voulions donner une nouvelle envergure à notre univers.
Lorsque nous avons créé "Euch' Mau Noir", nous le considérions comme un objet fini, sans véritable perspective de scène. Lorsque LADLO nous a contactés, nous avons compris qu'il fallait aller plus loin pour l'adaptation live, et "Catabase" en est la suite directe.
Nous étions également motivés par notre propre évolution musicale depuis la première version. Nous voulions proposer une musique plus ample, avec une atmosphère plus travaillée et plus présente, afin de poser les bases de ce que sera le futur de Galibot.
Est-il devenu plus facile, aussi bien en studio qu'en live, de passer d'un trio à un quintet ?
Pour le live, c'était une évidence. Nous ne concevions pas de jouer sans batteur. L'idée s'est imposée naturellement lorsque Julien nous a proposé de rejoindre l'aventure. C'est également lui qui a mixé tous nos albums.
Lorsque nous avons commencé à jouer sur scène, nous avions un batteur nommé Robin. Ses obligations personnelles l'ont ensuite empêché de poursuivre l'aventure. Chris nous a alors rejoints, et une très belle aventure humaine a commencé avec lui. Galibot ne pourrait pas être l'expérience live que nous proposons aujourd'hui sans ces personnes-là.
Question pour Diffamie. Comment se passe la rencontre avec un public black metal parfois assez conservateur, voire élitiste ? As-tu déjà été confrontée à des réactions particulières en tant que femme au chant ?
Diffamie : Oui. C'est assez rare… mais c'est déjà trop.
Galibot : Le problème, c'est que cela reste un sujet, alors que ça ne devrait pas l'être. Si le chant était assuré par un homme, personne ne poserait la question.
Diffamie : On entend encore parfois : « Moi, je n'aime pas quand c'est une femme au chant. »
Galibot : Alors que, dans bien des cas, les gens ne se rendent même pas compte qu'il s'agit d'une femme lorsqu'ils découvrent le groupe à l'écoute.
Vous avez sorti de nombreux clips récemment. Les visuels semblent être un élément important de votre identité.
Oui, parce que cet univers est extrêmement évocateur pour une partie du nord de la France. Le contexte minier possède une dimension internationale, mais il permet aussi aux gens de nous découvrir à travers une iconographie forte.
Lorsque nous travaillons sur Galibot, nous pensons en trois dimensions : le son, le live et l'imagerie. Les images que nous avons en tête nourrissent également notre écriture.
Certains termes ou certaines références ne sont pas forcément évidents pour les personnes qui ne viennent pas du Nord. Les visuels permettent alors de situer cet univers et de mieux comprendre ce qu'ont vécu nos grands-parents.
Nous tenons aussi à l'authenticité. Nous ne sommes pas dans le décor de carton-pâte : les clips ont été tournés dans de vrais lieux, notamment sur le site minier d'Arenberg.
L'univers de Galibot semble se prêter naturellement à la scène. À quoi ressemblent vos prestations live ? Souhaitez-vous encore développer l'aspect scénique ?
Cela tombe bien, car nous travaillons actuellement sur une nouvelle scénographie. Ajouter des éléments scéniques est évidemment une question qui se pose.
La scène est un équilibre permanent que nous cherchons constamment à affiner, que ce soit dans notre manière d'occuper l'espace, de nous déplacer ou encore dans la façon d'habiller visuellement nos prestations.
Y a-t-il des thèmes que vous souhaiteriez aborder pour la suite de l'aventure Galibot ? Et que prévoyez-vous dans les prochains mois ?
Les prochains mois seront principalement consacrés aux concerts. Plusieurs clips, déjà tournés, sortiront également d'ici la fin de l'année.
Nous sommes animés par une envie permanente de créer et nous travaillons déjà sur de nouvelles compositions.
Avez-vous vu le film Gueules Noires ?
Oui ! Le film a même été tourné dans les mêmes lieux que notre clip "Pénitences".
Ces anciennes mines sont aujourd'hui devenues des lieux culturels. On y trouve des musées, des espaces de tournage ou encore des lieux dédiés au cinéma.
Le clip de "Pénitences" a notamment été tourné dans une reconstitution de galeries minières qui avait déjà servi pour Germinal ainsi que pour Gueules Noires.
Un dernier mot pour les fans ?
Un immense merci à toutes les personnes qui ont contribué à l'existence et au développement de Galibot en si peu de temps : notre label LADLO, les gens qui nous entourent, les médias, nos familles, les bookers et bien sûr le public, qui reste le plus important.
Et un grand merci à Sylvain, notre booker, qui nous aide énormément.

