[INTERVIEW] Infern au Muscadeath 2026 !
Anteverse : Comment vous sentez-vous à quelques heures de monter sur scène pour une date aussi importante ?
Infern : Très bien ! Nous sommes vraiment très contents de l'album que nous venons de sortir et de l'accueil qu'il a reçu. Maintenant, nous avons surtout hâte de pouvoir le défendre sur scène ce soir.
On vous présente encore régulièrement comme « les Bolt Thrower français ». Cette comparaison vous suit toujours ?
Pas vraiment. Bolt Thrower fait partie de nos influences, mais seulement parmi beaucoup d'autres. C'est une comparaison qui est apparue très tôt et qui est restée. Si quelqu'un avait cité un autre groupe dans une chronique à l'époque, on serait peut-être devenus « les nouveaux X ou Y ». Cela dit, il y a quand même pire comme référence !
Justement, votre univers semble davantage tourné vers la nature et le monde marin que vers les thèmes guerriers associés à Bolt Thrower.
Oui, le côté militaire ou guerrier n'est pas vraiment notre univers. Nous sommes beaucoup plus proches des thématiques liées à la nature.
Cela dit, pour contredire un peu ce que l'on vient de dire, nous avons récemment utilisé des images de guerre en Ukraine et à Gaza dans un clip. Mais c'était dans une démarche de dénonciation, pas de glorification.
Comme nous sommes Bretons, la mer a toujours occupé une place importante dans notre imaginaire. L'un de nos premiers morceaux s'appelait "Ecocide" et parlait déjà de ces questions. Ensuite, Pierre-Loup a eu l'idée d'un logo avec un crabe, ce que nous trouvions assez décalé pour un groupe de death metal. De là à dire que le crabe est devenu une figure du paysage culturel du metal breton, il n'y a qu'un pas ! (rires)
Puisqu'on parle de Bretagne, vous venez d'où exactement ?
Un peu de partout ! Nous avons des membres originaires des Côtes-d'Armor, du Finistère et du Morbihan. Un autre vit à Paris et fait régulièrement les allers-retours le week-end. Nous sommes donc assez dispersés géographiquement.
"Turn Of The Tide" n'est pas si ancien. Avez-vous déjà commencé à travailler sur la suite ?
Oui, musicalement nous avons déjà commencé à composer. Ce que nous préparons sera probablement plus vaste encore que ce que nous faisions auparavant.
Nous écoutons tous des choses très différentes dans le metal et nous essayons d'intégrer tout ce que nous aimons dans notre musique.
Au niveau des thématiques, nous resterons probablement dans une approche similaire à celle du premier album : une partie plus introspective, plus proche des thèmes traditionnels du death metal, et une autre plus engagée et plus politique.
Souhaitez-vous explorer d'autres styles ou influences à l'avenir ?
Personnellement, je voudrais faire un album entier de reprises de Judas Priest... mais mal jouées ! (rires)
Plus sérieusement, nous allons rester dans notre univers. Mais l'arrivée de Jean-Marie apporte également de nouvelles idées. Nous travaillons les morceaux ensemble sans nous fixer d'objectif précis. Nous composons simplement la musique que nous aimerions entendre en tant qu'auditeurs.
Vous avez déjà joué au Muscadeath ?
Non, mais cela faisait plusieurs années que nous voulions venir. Malheureusement, les précédentes éditions tombaient souvent à des périodes où nous travaillions. Cette fois, nous ne pouvions pas laisser passer l'occasion.
L'affiche est excellente. Nous avons particulièrement hâte de voir Vomitory et Master, mais honnêtement il n'y a que de bons groupes aujourd'hui.
Y a-t-il des groupes avec lesquels vous rêveriez de partager l'affiche ?
Énormément ! Judas Priest, évidemment ! (rires)
Dans un registre plus réaliste, Obituary ou Cannibal Corpse seraient fantastiques. Et puis Loudblast également.
À quoi ressemble votre actualité pour les prochains mois ?
Nous avons volontairement ralenti les concerts afin de nous concentrer sur la composition.
Comme nous sommes répartis entre la Bretagne et Paris, nous ne pouvons pas nous voir très souvent. Quand nous préparons beaucoup de concerts, toutes les répétitions sont consacrées au live. Nous avons donc décidé de lever un peu le pied afin d'avancer sérieusement sur les nouveaux morceaux.
Nous avons déjà réussi à jouer de nombreuses dates en 2025 et 2026 malgré nos emplois et nos vies de famille. Nous avons également effectué une petite tournée en Slovaquie et à Prague. Même une tournée de quatre jours représente une semaine complète d'organisation et beaucoup d'énergie.
L'idée est donc de revenir plus forts avec un nouvel album. Cela ne nous empêche pas d'accepter quelques dates ponctuelles, comme aujourd'hui, mais la priorité reste la composition.
Justement, pas trop de pression à l'idée de jouer après Vomitory et de clôturer le festival ?
C'est particulier, mais c'est surtout un défi très intéressant.
Un groupe comme le nôtre, avec une notoriété encore modeste, joue généralement plus tôt dans la journée ou en ouverture. Là, nous passons après des groupes professionnels qui vont mettre la barre très haut en termes de son, de lumière et d'intensité.
C'est stimulant. Cela nous pousse à donner le maximum pour être à la hauteur. C'est un vrai challenge, mais un challenge que nous sommes heureux de relever.
Un dernier mot pour les fans ?
Un immense merci. La réaction au nouvel album a été extrêmement positive et cela nous touche beaucoup. Merci également aux médias qui nous soutiennent et nous permettent de faire vivre cette musique.

