CaBin Fever
Eli Roth, pour se lancer, a commencé sa filmographie avec un petit film gore – hommage : Cabin Fever. Une référence mesurée à Evil Dead et un postulat alléchant (une maladie de peau) inspirée de sa santé quand il était gosse (il a contracté une maladie de peau pendant son enfance). Si le résultat se révèle beauf niveau psychologie, sa gestion assez malsaine de la contamination et son insistance sur des détails cracra en font un premier jet plutôt honnête, qui ne pêche pas en termes de nanardise ou d’ambiance.
Cabin Fever : Rien de mieux qu’une période de maladie et un séjour forcé au plumard avec des médocs en guise de repas pour redécouvrir une saga gore du calibre de Cabin Fever. Si ce premier opus fait immédiatement penser à Evil Dead (le chalet notamment), il est assez frais dans sa peinture des clichés qui vont nous servir de personnages principaux. C’est la bande classique du couple débridé, des amoureux potentiels et du traditionnel boulet de la promo. Le genre de personnage bien relou qui sera le vecteur d’un humour gras du bas et qui sera la peinture du looser en puissance.
Celui-ci est un bon phénomène dans son genre, un parfait crétin qui se comporte en irresponsable à la première occasion, et qui sera en quelque sorte l’élément déclencheur du film. Toutefois, son comportement est un peu trop exagéré, ce dernier laissant carrément un agonisant dans un fossé pour ne pas avoir l’air con devant ses potes. Un comportement que je trouve un peu aberrant, dans la mesure où ça ne lui coûterait aucun effort de donner l’alerte. Toutefois, la peur de la contamination est ici bien exploitée, les instincts de survie ne tardant pas à prendre le dessus pour tirer notre groupe dans tous les sens.
Définitivement, Cabin Fever est un film qui rappelle le goût râpeux de la maladie, dans la façon qu’il a de rendre parano dans les possibles vecteurs de contamination (l’eau étant ici le plus insidieux), et dans sa mise en image des ravages de ce virus mangeur de chair. S’attaquant aux muqueuses avant de sévir un peu partout sur le corps, le film profite de quelques scènes pour gratouiller l’écœurement du spectateur, au cours de scènes qui jouent beaucoup sur la nausée (il y a bien sûr la blonde au visage ravagé, le cadavre dans l’eau…).
La plus efficace doit être celle de la baignoire, qui transforme un rasage épilatoire en véritable cauchemar sanguinolent. Question ambiance, si le film s’amuse à retarder les hostilités (nos étudiants ne signalent au final jamais leur accident, si ce n’est à un flic complètement stone qui sera un élément comique attachant). La dernière partie du film consiste en une sorte de partie de chasse au contaminé plutôt efficace, qui nous offre un carnage à la mesure d’Evil Dead.
Toutefois, Eli Roth perd un peu pied quand il décide d’élargir le cadre de son film en emmenant à l’hôpital un de nos survivants. Outre la scène absurde avec un lapin, le passage n’est finalement pas particulièrement utile, la conclusion nous faisant revenir sur les lieux. Au final, le film se révèle être un sympathique divertissement porté par des acteurs convaincants, qui dose assez bien son humour et ses effets gores. Le potentiel d’Eli Roth est là.

