Deathgasm II - Goremageddon
Deathgasm II - Goremageddon: Le retour du metal… et des tripes ! Il aura fallu attendre onze longues années pour retrouver Brodie et sa bande ! En 2015, Deathgasm avait débarqué comme une version metal d’Evil Dead, un petit film indépendant néo-zélandais devenu culte grâce à son mélange de gore, d’humour potache et de riffs bien énervés. Autant dire que l’annonce d’une suite avait de quoi susciter l’enthousiasme. Mais après une attente aussi interminable, difficile de ne pas espérer retrouver la petite étincelle qui avait fait le charme du premier opus.
Et c’est là que le bât blesse. Deathgasm II - Goremageddon est un film sympathique, rythmé et généreux, mais qui peine à retrouver la fraîcheur de son prédécesseur. Là où le premier proposait une histoire certes assez simple, mais portée par de véritables enjeux et des personnages attachants, cette suite semble surtout chercher un prétexte pour relancer la machine à zombies. Le scénario apparaît plus artificiel, les personnages sont à peine esquissés et le lore démoniaque reste désespérément sous-exploité. Dommage, car il y avait matière à développer cet univers plutôt que de se contenter d’enchaîner les gags.
L’humour, justement, est lui aussi moins convaincant. Le curseur de la parodie est poussé à fond, au risque de perdre ce qui rendait le premier film si drôle et spontané. Le pipi-caca était déjà de la partie en 2015, mais le dosage me semblait alors bien plus efficace. Ici, certaines blagues donnent davantage l’impression d’être calculées que de surgir naturellement de ce joyeux bordel. À force de vouloir en faire toujours plus, le film finit parfois par en faire un peu trop.
Reste que tout n’est pas à jeter, loin de là ! Le rythme ne faiblit guère, les scènes gores sont au rendez-vous et quelques répliques font mouche, notamment celle consacrée aux fans de grindcore. Les apparitions de GWAR et de Matt Heafy, de Trivium, apportent leur lot de réjouissances, tandis que la scène de l’église m’aura offert quelques authentiques fous rires. Et puis, il y a la musique ! Avec une bande-son pareille, difficile de passer un mauvais moment quand on aime le metal. Rien que pour ça, le film mérite qu’on lui laisse sa chance.
On peut également saluer le parcours de Jason Lei Howden. Après Deathgasm, le réalisateur s’est notamment illustré avec Guns Akimbo, preuve qu’il a continué à développer son savoir-faire dans le cinéma de genre. La réalisation de cette suite paraît d’ailleurs plus professionnelle. Mais le véritable mérite de Howden est peut-être ailleurs : malgré les années qui passent et les difficultés de financement, il n’a jamais abandonné son projet, allant jusqu’à lancer une campagne Kickstarter pour lui permettre de voir le jour. Une persévérance qui mérite le respect !
Un dernier point mérite toutefois d’être soulevé : le comic Deathgasm 1.5: Director’s Cut, conçu comme un pont entre les deux films, pourrait apporter un éclairage supplémentaire sur les personnages de Brodie et Medina. Ne l’ayant pas lu, difficile de savoir dans quelle mesure il développe leur relation, mais il est possible que ma perception de personnages trop peu approfondis dans le film soit en partie liée à cette pièce manquante.
Au final, Deathgasm II - Goremageddon est un cran en dessous de son aîné. Une suite plus vulgaire, moins spontanée et moins ambitieuse sur le plan narratif, mais qui reste suffisamment fun pour divertir les amateurs de metal et de cinéma horrifique. Mon conseil ? Ne lui demandez pas de reproduire le miracle du premier, laissez votre cerveau au vestiaire et profitez du spectacle. Avec quelques bières entre potes, il y a fort à parier que le carnage passe encore mieux !
Et si un troisième opus devait voir le jour, je serais volontiers de la partie. Mais, par pitié, un peu moins de pipi-caca et un peu plus de mythologie démoniaque !

