KMFDM - Enemy
Le projet principal de Sascha Konietzko revient après 2 ans. KMFDM reste toujours prolifique malgré les années et voilà donc un 24ème album. Au bout de tout ce temps, qu'en est-il ? Nouveau guitariste (Tidor Nieddu - inconnu au bataillon pour ma part), Sasha et Lucia Cifarelli au chant et Andy Selway au percus. Le line-up ne change guère, tout comme le style de la pochette de l'opus, superbe, restant dans la lignée des albums de KMFDM, toujours réalisé par Brute! dans un style pochoir/graffiti du plus bel effet.
La rage et l'engagement politique sont toujours de mise avec KMFDM. On peut trouver dans le dossier de presse que "la société est en ruine, le fascisme est à la mode, et l’Ultra Heavy Beat reste résolu à se soulever et à détruire le système !" Ce même dossier de presse indique aussi que "KMFDM signent avec "ENEMY" certains de leurs morceaux les plus audacieux stylistiquement et les plus incisifs politiquement à ce jour".
Audacieux ? Pas si certain. KMFDM fait du KMFDM. Bon. Qu'un groupe fasse ce qu'il sait faire de mieux n'est en soi pas très étonnant, cela n'est pas une révolution artistique non plus. Reste que "Enemy" y va à fond, beats rageurs, synthés incisifs, guitare rageuses. Mais à l'écoute, on reste sur quelque chose de dancefloor et l'auditeur se surprend à hocher la tête ou taper du pied. Indubitablement, "Enemy" contient des tracks modelées pour les dancefloor darks de la planète. Peu de surprises mais quand même. Un break façon cinoche (sur "Enemy") avec une voix profonde incitant à ne pas lâcher l'affaire (If you can't fly, run, If you can't run, walk, If you can't walk, crawl, But by all means, keep moving) fluide à souhait.
Des paroles en français (!) sur "L'Etat" où on se demande où Sasha a bien pu prendre une telle inspiration sur le texte (possiblement via des reportages sur des politiques français ?°. un "A Okay" faisant énormément penser à du Gary Numan avec ses mélodies synthétiques (peu de guitares ici). Un "Stray bullets 2.0" dub de bonne facture.
"Enemy" n'est pas un mauvais album, ni un très bon album. C'est un album plaisant à écouter, de temps en temps, ou glissé dans une playlist, mais clairement pas quelque chose à se mettre dans les feuilles en boucle. Il ravira également les DJ pour faire bouger le dancefloor.


