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Beseech - Future. Present. Past.

Écrit par SataNico le .

Il y a des groupes dont le nom nous est vaguement familier sans que l'on sache réellement pourquoi. Beseech fait partie des miens. Formé en Suède en 1992, le groupe possède pourtant une discographie déjà conséquente, avec six albums avant celui-ci. Et malgré cela, je suis passé complètement à côté pendant plus de trente ans. Autant dire que "Future. Present. Past." aura donc été ma séance de rattrapage. Et quelle découverte.

Dès "Ambiguous Mind", Beseech installe un univers profondément gothique : gros riffs, piano, mélancolie et surtout ce contraste entre le chant grave d'Erik Molarin et la voix douce de Lotta Höglin. Une formule qui rappelle forcément le gothic metal des années 1990-2000, de Theatre of Tragedy à The Gathering, avec parfois des accents évoquant HIM ou Type O Negative. Mais réduire Beseech à ses influences serait passer à côté de l'essentiel. Car si "Future. Present. Past." est un album homogène, il n'est jamais réellement répétitif. Imaginez plutôt un vieux manoir gothique. L'architecture reste la même, mais chaque pièce possède son atmosphère.

Dans certaines, Erik Molarin règne en maître, avec ce timbre de crooner gothique particulièrement reconnaissable. Les guitares peuvent alors devenir plus lourdes, parfois presque industrielles, sans que le groupe ne tombe jamais dans la brutalité. Dans d'autres, Lotta Höglin prend le devant de la scène. Sa voix fragile et mélancolique est l'une des très belles surprises de l'album, notamment lorsqu'elle se retrouve presque seule avec un piano.

Et puis il y a les pièces où les deux se retrouvent. Beseech utilise remarquablement son duo vocal : parfois l'un soutient l'autre, parfois ils alternent, parfois leurs voix se rejoignent pour donner davantage d'ampleur aux refrains. La recette change constamment sans jamais perdre son identité. Les deux ballades illustrent d'ailleurs parfaitement cette diversité. "Future. Present. Past." est une élégante power ballade où les deux chanteurs se complètent, tandis que "Still Lost" abandonne presque totalement les guitares pour une approche piano-voix qui évoque davantage certaines grandes ballades pop-rock, jusqu'à rappeler par moments "My Immortal" d'Evanescence.

Mais ce manoir possède également quelques fenêtres ouvertes sur l'extérieur. "Boundless Space" apporte davantage d'énergie et une mélodie presque lumineuse, "Álamos Sunset" mêle sa mélancolie à une surprenante sensation d'espoir, tandis que "The Sweet Hello, The Sad Goodbye" offre probablement le moment le plus joyeux du disque, avec une petite touche électronique et une atmosphère qui me rappelle par moments la reprise de "Wicked Game" par HIM. C'est finalement ce qui me plaît le plus ici : Beseech est mélancolique, mais jamais désespéré. La lourdeur des guitares ne cherche pas à écraser l'auditeur. Elle sert l'émotion.

La production contribue énormément à cette élégance. Les guitares sont puissantes, les claviers et le piano apportent de la profondeur, les quelques éléments électroniques modernisent discrètement l'ensemble et les solos, utilisés avec parcimonie, arrivent toujours lorsqu'ils ont quelque chose à apporter. "Future. Present. Past." n'est donc pas l'album qui cherche à révolutionner le gothic metal. Il semble plutôt parfaitement conscient de l'héritage dont il est issu et préfère travailler ses atmosphères, ses mélodies et son duo vocal.

Et pour quelqu'un qui, comme moi, découvre Beseech avec plus de trente ans de retard, la mission est accomplie : je vais maintenant aller écouter les six albums précédents. Reste une question que je ne peux évidemment pas trancher : qu'en pensera un fan aguerri de Beseech ? Pour ma part, cette première rencontre est une très belle surprise. Il semblerait que j'aie encore quelques pièces à visiter dans ce vieux manoir.
 
 
note4 5

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