Evig Natt - Vaketimen
Je découvre Evig Natt avec cet album, "Vaketimen", sans passif particulier avec le groupe — et c’est parfois la meilleure façon d’aborder un disque : sans attentes, sans nostalgie, juste avec les oreilles ouvertes.
On est ici dans un gothic/doom metal atmosphérique très assumé : tempos lents, guitares épaisses mais jamais agressives, claviers en nappes, ambiances nocturnes et mélancoliques. L’album se veut clairement immersif plus qu’accrocheur. Ce n’est pas un disque de riffs tueurs ni de refrains fédérateurs, mais plutôt une expérience d’ambiance continue, presque contemplative.
Le point fort évident reste la voix de la chanteuse, expressive et élégante, qui porte très bien la dimension émotionnelle du disque. Sur des titres comme "Death" ou "At The End Of The Night", on profite pleinement de ce timbre sensible qui apporte la lumière nécessaire au milieu des guitares plombées. "Sorrow My World" fonctionne également bien pour ses textures et sa montée dramatique progressive — typiquement le genre de morceau qui parlera aux amateurs de doom mélodique.
La production est soignée, ample, jamais brouillonne. Chaque élément trouve sa place, et l’ensemble sonne cohérent du début à la fin. On sent un groupe sûr de son identité, qui ne cherche pas à courir après les tendances mais à approfondir son propre univers. L’album dégage une vraie sincérité d’intention.
Mais de mon côté, je dois reconnaître une limite : malgré ses qualités, l’écoute finit par m’ennuyer un peu sur la durée. Les tempos très retenus et la relative homogénéité des ambiances font que je décroche après deux ou trois morceaux. J’ai tendance à préférer des styles plus rapides, plus épiques — ou les deux — avec davantage de contrastes marqués. Ici, tout est maîtrisé, mais trop uniforme pour me garder embarqué sur tout le trajet.
L’album m’a aussi rappelé le "Tristania" des débuts : une très belle matière atmosphérique, mais que je consomme par touches. Comme sur leur titre "Beyond The Veil", où seule la première partie me captive vraiment, je ressens ici une légère lassitude sur la durée. En revanche, le single “Death” est pour moi une vraie réussite et fonctionne parfaitement comme porte d’entrée dans l’univers de Evig Natt.
Résultat : un album que je trouve objectivement beau et bien construit, que je respecte, mais vers lequel je ne reviendrai probablement pas souvent, ou juste pour certains bangers. En revanche, pour les amateurs de gothic/doom atmosphérique, c’est clairement une sortie à ne pas négliger. Si vous appréciez les univers proches de "Draconian", "Swallow the Sun" ou "Trees of Eternity", vous devriez trouver dans "Vaketimen" matière à vous immerger pleinement.


